Samedi dernier, les stagiaires des ateliers Varan ont présenté à la Médiathèque du Gosier l’aboutissement de leur formation : six mini films portant sur le travail et réalisés en une semaine. Soutenu par la Ville du Gosier et la DRAC, ce projet initié par l’association Varan Caraïbe fut l’occasion de révéler au grand public la beauté du film documentaire.

« Au programme ce soir, mesdames et messieurs, du réel et rien que du réel » annonce d’entrée Sylvaine Dampierre, cinéaste et réalisatrice, au public venu nombreux.Six mini films sont projetés successivement, et évoquent, chacun, un aspect du travail. « Mékano kid » montre un adolescent tiraillé entre son apprentissage chez un mécanicien et l’école, dont la nonchalance « tranquille » amuse le public. Chaque personnage « marque » et lance-t-on dans le public : « laisse quelque chose… ». Du pêcheur qui écaille son poisson à l’Anse Tabarin, aux agents de la ville qui entretiennent les espaces verts de la ville, c’est la vie qui est observée.
« Pas de mise en scène, « du vrai, du réel »
« Pas de mise en scène,du vrai, du réel » note une téléspectatrice charmée. « On se fond dans la réalité du film, comme cette scène où on se retrouve projeté à l’arrière du pick-up de missié koko », vendeur de coco. « Les images sont belles et sécurisantes jusqu’à faire oublier les bruitages du vent laissés par les néophytes de la caméra » souligne –t-elle. « La difficulté de cet exercice est de ne pas céder à l’envie de mettre les individus filmés en scène » nous confie Nathalie, une stagiaire. Contrairement au film de fiction, le film documentaire est un genre cinématographique qui produit la représentation de la réalité, sans intervenir sur son déroulement.
« Une opportunité inespérée »
Venus de différents horizons - Guadeloupe, Martinique, Haïti - les onze stagiaires sélectionnés sur dossier s’accordent « sur la formidable expérience vécue avec sincérité et engagement » et parlent tous : « d’une opportunité inespérée ». En effet, les ateliers Varan, très réputés, dispensent une formation sur la réalisation de films documentaires qui se tient essentiellement à Paris, et quelques capitales dans le monde. « À terme l’idée est de mettre les ateliers en réseaux afin d’ouvrir des perspectives de diffusion » explique Sylvaine Dampierre. « Cette esquisse,portée depuis 2003, est l’occasion de montrer de vrais personnages, une énergie et la possibilité de faire les choses enfin pour de vrai » conclut-elle.

À noter :

Sylvaine Dampierre d’origine guadeloupéenne est membre de l’équipe des Ateliers Varan depuis 1993, formatrice à l’initiation à la réalisation de cinéma documentaire dans le monde. Elle est l’auteur de plusieurs oeuvres dont « le Pays à l’envers »- filmé au Gosier- qui sera diffusé sur France Ô le 8 décembre à 20h45.

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