Grand-Baie, c’est 37 ménages locataires, bénéficiaires de logements locatifs sociaux (LLS), 23 ménages propriétaires occupants de bâtis insalubres, bénéficiaires de logement en accession (LES) et 55 ménages propriétaires de bâtis hors insalubrité, notamment les familles prévues initialement en régularisation foncière. Au total, 115 familles, représentant 339 personnes.
Il était donc naturel et prévisible que l’annonce récente du changement d’orientation de la municipalité suscite émotion et protestation des premiers intéressés. Cependant, malgré la transparence de la municipalité dans la présentation des étapes successives de cette démarche, la désinformation et l’incompréhension autour de ce dossier génère de nombreuses interrogations. Sont donc ici regroupées toutes les informations concernant le projet d’aménagement de Grand-Baie.

Depuis 1994, la ville a entamé une procédure de résorption de l’habitat insalubre (RHI) à Grand-Baie. Cette procédure visait dans un premier temps à réhabiliter l’habitat insalubre et à reloger sur place les habitants concernés par la RHI.
À cette occasion, la ville a accompagné la population et 14 familles ont pu être relogées définitivement.
La volonté première de la municipalité ayant été de maintenir la population sur le site, des travaux de viabilisation (création de voiries, éclairage, trottoirs…) et des ouvrages de protection, notamment deux digues côté mangrove et côté mer (cordon dunaire) ont été réalisés. Ce fut un investissement fort pour la municipalité, ayant pour seul objectif de protéger les habitants de Grand-Baie.

Cependant, à partir de 2012, diverses études ont amélioré la connaissance de l’étendue des risques auxquels est exposé le site : vulnérabilité des ouvrages de protection, risque de submersion marine et de tsunami, risque de liquéfaction du sol et, enfin, risque sismique, notamment au regard de la nature du sol poreux et instable, issu d’un mélange de terre et de sable. Il serait donc irresponsable d’y maintenir une quelconque habitation.

Le premier devoir du Maire étant d’assurer la sécurité de sa population, j’ai décidé fin 2016, avec l’ensemble du Conseil Municipal, de surseoir au projet de relogement sur site concernant la RHI, mais aussi de ne plus autoriser le maintien de logements à Grand-Baie. Bien entendu, cette décision était difficile à prendre, et il aurait été très tentant de poursuivre tel qu’envisagé au début, en mettant en danger les 115 familles concernées.

J’ai souhaité par le biais de cet article vous donner toutes les informations concernant cette situation, car elle soulève bien naturellement beaucoup d’émoi chez les habitants et les propriétaires de bâtis à Grand-Baie. Récemment, ces derniers se sont mobilisés contre ce qui n’est aujourd’hui qu’une orientation du Conseil Municipal, que nous avons présenté sous le nom de “Grand-Baie Demain”.

Si je comprends l’émotion des habitants, les messages diffusés ces derniers jours relèvent de la désinformation, cherchant à susciter la confusion pour obtenir la sympathie du reste de la population. Il était donc important pour moi de dire que dans cette affaire, comme dans chaque dossier engageant ma responsabilité, je me conforme strictement et rigoureusement à mes obligations et à la réglementation. La meilleure preuve en l’occurrence est l’accompagnement clair et engagé de l’Etat.

Il n’est donc pas question d’expulser la population pour construire des hôtels et une marina. C’est en raison de la vulnérabilité aux risques que les constructions de logements sont désormais interdites sur le site.
Toute personne prétendant que les habitants de Grand-Baie ne court aucun risque serait irresponsable ou inconsciente. On disait la même chose à La Faute-sur-Mer (Vendée) en février 2010 — avant que la tempête Xynthia ne cause 29 morts.
Bien évidemment, dans un second temps, interviendra la seconde phase du projet d’aménagement nouveau de Grand-Baie, qui devra préalablement être soumis à une large concertation, conformément à la loi.

En effet, si la zone est exposée à plusieurs risques, il ne s’agit pas de la sanctuariser ou d’en interdire l’accès. Le danger d’une nouvelle occupation non maîtrisée de l’espace serait d’ailleurs trop fort. Ainsi, afin de restaurer ce site naturel remarquable tout en se conformant aux dispositions du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) du Plan Local d’Urbanisme (PLU), la ville a lancé une réflexion. Celle-ci repose sur l’idée de soustraire le quartier à une appropriation privée pour être progressivement rendu à des usages communs — récréatifs, culturels ou de protection de la biodiversité.

Pour compléter, j’indiquerai que seules 1,7% des familles (ce qui représente 2 familles) sont propriétaires de foncier à Grand-Baie et détentrices d’un titre de propriété enregistré aux hypothèques. 91 % du foncier est public (Ville, Département, Etat). Il en ressort donc que les habitants de Grand-Baie ont en grande majorité construit sans autorisation, sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Il est d’ailleurs important de rappeler qu’une partie de cette occupation illégale et sans titre s’est faite en comblant la mangrove — élément d’aggravation du risque. Par conséquent, aucune régularisation ne sera possible.

La démarche entamée aujourd’hui par la municipalité vise donc à offrir à chacun des habitants actuels des solutions pérennes et adaptées, leur permettant d’envisager sereinement l’avenir.

La municipalité et les services de l’Etat ont été pleinement transparents et continueront de l’être. En effet, lors du démarrage de la concertation avec les habitants de Grand-Baie, le 15 février dernier, la Ville, l’Etat et l’opérateur SEMSAMAR ont exposé les nombreuses contraintes du site et de ce fait présenté les nouvelles orientations validées par le Conseil municipal.
Dès le 6 mars, la permanence de la SEMSAMAR rouvrira afin d’informer et d’accompagner concrètement et sereinement les habitants de Grand-Baie.
Par ailleurs, de nouvelles rencontres sont prévues courant mars avec les différentes familles selon un calendrier préétabli.

Il me tient donc à cœur que chaque gosiérien et chaque guadeloupéen connaisse la vérité et sache que l’ensemble des habitants de Grand-Baie sera traité de manière individuelle, avec humanité, et dans le respect des droits acquis. Car je nourris la même exigence de qualité de vie et de sécurité pour l’ensemble de mes concitoyens.

Dans cette affaire, nous sommes animés par l’attachement à notre territoire, pour lequel nous mettons en œuvre un aménagement raisonné, concerté, respectueux de l’environnement et avant tout protecteur des vies humaines.

Le Maire,

Jean-Pierre DUPONT


Pour en savoir plus sur le dossier de Grand-Baie, consultez les articles suivants :

- Lettres ouvertes du maire à la population
- Foire aux questions relatives au projet de Grand-Baie

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