« Le bilan que je tire de cette manifestation est très positif ! rendez- vous compte ! L’hommage s’est terminé par un léwoz qui a retenu le nombreux public présent jusqu’à 4 heures trente du matin : Josélita, Sopta, Léon Leborgne, Teddy Pélissier, Hilaire Goffroy : Ils ont tous rendu un vibrant hommage à mon père. Tout s’est bien passé. Je tiens à adresser mes remerciements à la ville du Gosier pour son soutien. Beaucoup de personnes ont découvert qui il était. De plus, l’exposition a permis de le faire connaître davantage. C’était très émouvant », nous a confié Juanita, fille d’Arthème Boisban et initiatrice du mémorial.

Pour la troisième année consécutive, le parc aménagé du Calvaire a donc accueilli le mémorial Arthème Boisban. Ce sont les Mouliennes de Lanmou Fanm Ka qui ont débuté la programmation. Leurs chansons se sont voulues assez militantes, et tournant autour de la condition de la femme en Guadeloupe. Elles n’ont d’ailleurs pas manqué de dénoncer certains clichés accolés à la gent féminine. « Ce fut notre première participation au mémorial Boisban. Au début, le public était clairsemé. Le gros de la foule est arrivé assez tard. En tout cas, ceux qui nous ont écoutées étaient satisfaits », nous ont déclaré celles qui ont réalisé des prestations à Capesterre dans le cadre de la journée de la femme, et à Morne à l’Eau dans le cadre des festivités marquant le centième anniversaire de la naissance de la grande dame.

Elue, certes, mais avant tout Gosiérienne, Enide Gantois, Présidente de l’office municipal de la culture, de la communication et des sports ( OMCCS) a bien connu Arthème Boisban. « J’avais beaucoup de respect pour Boisban. Nous avons même été voisins. Quand j’étais âgée de quinze ou seize ans, je lui apprenais à lire. J’ai en mémoire une anecdote autour du mot chevreuil dont la prononciation lui posait beaucoup de problèmes. A t’elle enseigne que chaque fois que nous voyions je l’appelais chevereuille », se souvient t’elle.

Antonin Martial, leader du groupe Libèté, se souvient également d’arthème Boisban :
« Ce serait pour moi faire preuve d’insulte que de ne pas lui rendre hommage. C’était un frère, un vrai Gosiérien qui a beaucoup apporté à sa commune. A son époque c’était une catégorie bien précise de personnes qui prenaient part aux léwoz : Ceux qui y participaient n’avaient pas bonne réputation. Il était très mal vu que les femmes jouent au tambour. Les choses ont heureusement évolué dans le bon sens. »

« J’ai vu jouer Boisban à de nombreuses reprises. Je savais qu’il était également employé communal. Je dois dire que c’était quelqu’un d’assez gentil », a pour sa part déclaré Vincent Roch.

Durant la prestation de Lanmou Fan’m Ka, nombreux furent les personnes jeunes et moins jeunes qui ont esquissé des pas de danses.
La communion a été réelle entre les musiciens et le public. Rendez-vous est pris l’an prochain pour la 4ème édition du mémorial Boisban. « C’est un devoir pour la ville d’honorer tous ceux qui ont marqué la culture gosiérienne et guadeloupéenne. Je pense que si la démarche avait été impulsée de son vivant, cela aurait été encore mieux », a conclu Enide Gantois.

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