Samedi dernier, le quartier de Belle-Plaine , au Gosier, a été le cadre de la 3ème édition de Ka ki ka, dont la marraine a été Simone Jacques. C’est sous un soleil de plomb que les différents exposants ont pris leurs quartiers sur le site dévolu à la manifestation.
D’ailleurs, en arrivant sur le site on ne pouvait que se féliciter de la présence d’un bar, très utile en cette après-midi quasi-caniculaire.
Vannerie, artisanat, vêtements africains, bijoux, farine manioc, diverses huiles ( carapate, ricin, patchouli), calebasse, fleurs, objets d’antan, et même un stand de l’ADEP : l’éclectisme était de rigueur.
A la grande satisfaction d’ailleurs de Jean-Marie Luce, membre du comité de quartier de Belle-Plaine et cheville ouvrière de cette troisième édition :
« Le bilan est positif. Comme vous le voyez, il y a une grande variété de stands. Plus tôt dans la journée, il y a eu des ateliers danse animés par Valérie et Nathalie de l’Akadémiduka. Le stand de coiffe créole, animé par Rony Théophile a remporté un franc succès. D’ailleurs, cela nous incite à le mettre en place de nouveau durant les grandes vacances. », nous a t’il dit.
Les exposants étaient d’horizons divers : Originaires du Gosier, bien sur, mais aussi de Pointe à Pitre, du Lamentin, du Cameroun, de Suisse, d’Espagne ou du Sud de la France, une agréable brise de multiculturalisme a soufflé l’autre samedi sur Belle-Plaine.
Les visiteurs n’ont pu qu’être enchantés par l’imagination et l’ingéniosité de Joël Joyau qui a affecté la « boîte à crabes » a différents usages : « Crabiers à CD », boîte à dominos, crabiers à champagne, coffret, etc. « Il est très bien que nous, petits artisans, nous puisions nous retrouver et ainsi échanger notre savoir-faire », a t’il déclaré.
Juste à côté de lui, se trouvait Ouly Kancel, avec son stand consacré à la calebasse, qui a d’ailleurs rencontré un franc succès : « Les Guadeloupéens s’intéressent de plus en plus à leur patrimoine et veulent se l’approprier. Ils ont donc tendance à acheter de plus en plus de calebasse », selon lui.
Entre deux balances du groupe Kozéika qui s’est produit plus tard dans la soirée, la halte au stand tenu par le comité de quartier de Belle-Plaine était des plus intéressantes. En effet, Mesdames Lollia, Luce et Gisors ont exposé de nombreux objets d’antan, très utilisés par nos anciens : Cafetière, chaufrète, chopine, dame-jeanne, réchaud à charbon et à pétrole, pilon, fer à défriser, cruche, et de nombreuses robes de grands-mères, leur stand était assez diversifié. « Cette manifestation contribue à animer le quartier. Elle permet aussi de le faire connaître davantage. De plus, le comité de quartier de Belle-Plaine est une association jeune et dynamique qui propose des activités variées, notamment sportives, le mardi et le jeudi », nous ont-elles déclaré.
Cette année, la femme a été mise à l’honneur, par le choix de la marraine, bien sur, mais aussi du fait de l’invitation du groupe Kozéika, composé de pas moins de 18 jeunes femmes.
S’est également déroulé un « Slam » autour de la place de la femme dans le Gwo Ka.
Les festivités se sont achevées aux environs de trois heures du matin, terme du traditionnel léwoz.

PAROLES DE FEMMES AUTOUR DE « KA KI KA »

« Les gens ne suivent pas forcement. Les organisateurs ont précisé que leur manifestation tournera autour de la femme. Je trouve que dès lors, la population ne suit pas le mouvement. Mêmes les femmes ne nous donnent pas la force. Je ne peux qu’espérer que ce soir il y aura du monde. Je pense vraiment que les femmes ont leur place dans le Ka » ; Nathalie LUTIN, du groupe Kozéika.

« Dans un quartier comme Belle-Plaine, il est nécessaire de faire entrer la tradition. Cela participe aussi de la cohésion sociale et construire l’avenir des plus jeunes. Par ces temps si difficiles, il est intéressant de retrouver une mixité sociale avec tous les publics » ; Line SAINSILY

« Il est important que les femmes soient dans le Ka. Je ne vois pas de mal à ce qu’elles jouent et donc soient sur le Ka. Avant, il est vrai qu’être sur le Ka était réservé aux hommes. Heureusement, les choses ont évolué » ; M.L

« Il y avait de nombreux stands. Ce que j’apprécie dans cette manifestation, c’est qu’elle se veut instructive, éducative et culturelle. Le comité de quartier de Belle-Plaine est très impliqué dans la vie associative et culturelle de notre cité. On ne peut que lui souhaiter de persévérer dans cette voie, pour le bien être de la population. C’est une des associations qui contribuent au développement du patrimoine culturel du Gosier » ; Marie-Flore DESIREE, adjointe au maire en charge de la culture.

« C’est la première fois que je participe à KA KI KA. C’est une manifestation vraiment très intéressante. Nous exerçons dans le domaine floral depuis au moins trois ans. Notre activité se concentre sur les fleurs locales. Je constate que ça intéresse les gens, dans la mesure ou ils en achètent un certain nombre » ; Betty FORBIN.

« Notre but, c’est d’être présents la où il y a du monde, dans le but de proposer nos services. L’essentiel de notre activité tourne autour de l’assurance sur la personne. Nous proposons également des soins du visage gratuit, bilan nutritionnel, et j’en passe. Il n’y a pas énormément de monde, malgré une excellente communication » : Gerty PATRICK, assurances ADEP.

« J’expose des vêtements traditionnels rafraîchis, et des poupées locales. J’utilise des feuilles de coco, des cornets de pistache et des feuilles d’amende. Je suis en activité depuis deux semaines. A la base, je préparais un défilé de mode. D’ailleurs, j’aimerais en présenter un lors de l’élection de miss Gosier » ; Aline VALMORIN

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