Tous les deux jours et demi, une femme décède des coups de son conjoint. C’est pour remédier à cette atteinte à l’émancipation des femmes qu’a été créée l’association des Élu(e)s Contre les Violences faites aux Femmes (ECVF).

Marianne CRANE, membre du bureau national de l’association des Elu(e)s Contre les Violences faites aux Femmes (ECVF) , organisait le 8 avril au Gosier une réunion d’information sur les violences aux femmes visant élus, militants associatifs et citoyens. Son but : poser les jalons d’une politique publique cohérente.

Les chiffres sont éloquents : en 2010, sur 2 577 faits de violence, 1 001 victimes sont des femmes. Deux fois plus souvent agressées physiquement que les hommes au sein du ménage, celles-ci sont aussi trois fois plus souvent victimes d’agressions sexuelles. Une fois sur deux, le conjoint est l’auteur des violences à l’intérieur du ménage .
La loi du 9 juillet 2010 a d’ailleurs créé un délit de harcèlement moral et psychologique dans le couple.

Le Procureur de la République, Jean-Michel PRETRE, a rappelé que 70 % des faits de violences contre les femmes, enfants et personnes âgées restent inconnus hors du cercle familial, même si « ces dernières années, les plaintes ont augmenté ». Le parquet répond systématiquement à tout fait poursuivable. A cet effet, il est recommandé aux victimes de réunir des preuves pour confondre leur agresseur. Quant aux tiers, ils ne sauraient rester neutres : « Parler, c’est efficace ! »

D’où l’instauration de la prévention scolaire et la création d’une journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes, le 25 novembre. Car la lutte passe aussi par la dénonciation d’idées reçues : une agression n’est pas une affaire privée. Une femme insultée ou agressée ne l’a ni cherché, ni mérité. Enfin, on ne saurait pardonner au conjoint violent sous prétexte que « c’est un bon père, tout de même ».

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