S’il est un auteur Guadeloupéen qui puise dans son patrimoine et sa culture les ressources lui permettant de trouver l’inspiration pour écrire une oeuvre, c’est bien Thierry Malo, plus connu sous le nom de TiMalo.

Dans le cadre du mois du créole, Le Gosier a invité TiMalo vendredi 9 octobre 2015 à présenter son dernier ouvrage paru en 2015, titré “Dyablès”.
Un roman fantastique intégralement écrit en créole guadeloupéen, en réaction aux violences faites aux femmes, notamment celles survenues durant l’année 2012. L’auteur a débuté l’écriture de son roman en mai 2013 et l’a poursuivie jusqu’en novembre 2014. Il décrit à travers ce roman les rapports conflictuels existants entre les hommes et les femmes.

Lors de la soirée de présentation, Gilda Gonfier, Directrice de la Médiathèque Raoul Georges Nicolo et modératrice pour l’occasion, a proposé que les échanges se fassent en créole pour rester dans le thème du mois du créole. TiMalo a indiqué en liminaire au public, qu’il ne lui était pas possible d’user d’une autre langue pour écrire son roman. L’évidence du créole s’imposait à lui en raison de l’environnement décrit et de la singularité des personnages. Il dit s’inspirer de Michaël Connely qui sait bien mettre en scène les intrigues multiples et de John Irving pour sa faculté de description.

Le public, déjà conquis par l’oeuvre de TiMalo, qui s’est fait connaître dans le milieu des années 2000 pour ses différents textes déclinés en slam, a principalement mis l’accent sur la difficulté qu’il pourrait rencontrer à la lecture d’un roman entièrement rédigé en créole. En effet, pour bon nombre de personnes, le créole ne peut être lu à voix basse. C’est alors que TiMalo invite différentes personnes de l’assemblée à lire des extraits de “Dyablès”. A haute voix. Chacun est alors surpris de la fluidité de sa propre lecture. TiMalo précise qu’au départ, lire à haute voix permet de s’imprégner de l’ambiance, du décor et de l’environnement et qu’au fur et à mesure, le texte se lit tout naturellement à voix basse. La langue créole a été codifiée dans le courant des années 70 par Hector Poullet et Sylviane Telchid selon des règles phonétiques universelles. Elle est donc devenue une langue à la portée de tous tant dans sa lecture que dans son écriture. Des efforts doivent être poursuivis afin de la faire vivre.

TiMalo fait donc partie de ces auteurs qui travaillent à sa préservation, à son évolution et à sa diffusion.

Après plusieurs lectures d’extraits et de témoignages sur l’enseignement de la langue créole, l’auteur a annoncé qu’il lui sera impossible de traduire lui-même son roman en français, car les éléments qui y sont présentés ne lui inspirent aucune autre langue que le créole. Il laissera donc ce travail à un traducteur expérimenté, dont c’est le métier.

TiMalo a été invité à présenter son ouvrage en Angleterre et au Viêt Nam. La culture et la langue créole savent donc s’exporter, prouvant ainsi que parler créole, loin de se refermer sur soi, c’est s’ouvrir au monde.

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