Depuis plusieurs semaines, le quartier de Grand-Baie est sous le feu des projecteurs. La raison ? La présentation publique des nouvelles orientations d’aménagement du quartier envisagées par la Commune, en partenariat avec l’Etat. Naturellement, ce dernier étant résolument orienté par l’application du principe de précaution, il est très différent des précédentes options d’aménagement retenues jusqu’ici. Suscitant une émotion compréhensible auprès des familles concernées, il a néanmoins fait l’objet de nombreuses contre-vérités et d’inexactitudes qu’il appartient à la ville de clarifier ici. Ces informations ont fait l’objet d’une large diffusion dans la presse écrite locale.

Pourquoi Grand-Baie ne peut plus rester en l’état ?

Le quartier de Grand-Baie s’étend sur 11 hectares, à l’entrée de la ville du Gosier et au pied du fort Fleur d’épée, sur une ancienne zone marécageuse. Malgré l’insalubrité, des familles se sont progressivement installées sur le site, en toute illégalité, sans titre de propriété pour la grande majorité, à partir des années 1960. Elles ont ainsi créé de toute pièce un nouveau quartier dont l’organisation est malheureusement anarchique, source d’insalubrité et de promiscuité. À la fin de 1993, l’Etat et la Ville du Gosier ont donc engagé une procédure de résorption de l’habitat insalubre pour améliorer les conditions de vie des habitants de Grand-Baie. De 1993 à 2017, plusieurs études et aménagements successifs ont été réalisés. Les plus récentes études ont abouti à une conclusion : poursuivre la RHI sur site est la solution potentiellement la plus risquée. En effet, trois risques naturels cumulés menacent le quartier :

- risque sismique — avec la présence de deux failles sismiques sous Grand-Baie
- risque de houle cyclonique. La partie la plus haute du quartier n’est qu’à 2 mètres au dessus du niveau de la mer.
- risque d’inondation

L’opération de RHI est donc bel et bien maintenue, mais hors site. En effet, plus aucun hébergement ne sera autorisé à Grand-Baie et l’ensemble des habitants concernés par la RHI sera relogé sur le territoire du Gosier — s’il le souhaite. Aucun hôtel ni gîte ne sera construit. C’est pour éviter une nouvelle occupation de logements d’habitation qu’un aménagement léger est envisagé, avec une réhabilitation d’une grande partie de la mangrove et de l’écosystème de Grand-Baie, qui retrouverait son apparence d’origine. Les activités économiques et équipements publics envisagés pour l’espace seraient quant à eux conformes à cette orientation de restituer au quartier sa vocation naturelle.

Des chiffres pour comprendre

• 115 familles
• 339 personnes
• 55 ménages locataires
• 23 ménages occupants leur logement insalubre
• 55 ménages occupants leur logement en bon état
• 98 % des maisons ont été construites sans autorisation sur des terrains publics
• 2 % de propriétaires fonciers privés

Maintenir les familles à Grand-Baie ? Un choix risqué !

Le projet initial de l’opération de résorption de l’habitat insalubre prévoyait le maintien des familles à Grand-Baie. Il a dû être abandonné par l’Etat et la ville du Gosier en raison du cumul des risques naturels à prendre en compte. Exemple : sur une grande partie du site, il aurait fallu reconstruire les maisons sur des pieux de plusieurs dizaines de mètres de profondeur pour tenir compte du risque sismique. Rebâtir sur un terrain surélevé de plusieurs mètres pour tenir compte du risque d’inondation, tout en protégeant le quartier d’une éventuelle houle cyclonique en cons­truisant une digue au large de Grand-Baie.

Au final : des dépenses considérables, qui devraient être supportées par les habitants de Grand-Baie, mais aussi l’ensemble des Gosiériens à travers les impôts … pour des résultats aléatoires… et il aurait fallu également traiter en­suite les problèmes :
- de réseaux d’eau potable,
- de réseaux électriques,
- de réseaux d’évacuation des eaux usées,
- de voirie,
- d’éclairage public,
sans oublier les pratiques “ douteuses” menaçant la sécurité des habitants du quartier.

L’option du relogement des familles est apparue la plus raisonnable après plus de 20 ans d’efforts pour rénover le quartier. Cette option est d’autant plus réaliste qu’entre 1994 et 2017, plus d’un tiers des habitants ont déjà quitté Grand-Baie et que de nombreuses familles ont déposé des dossiers de relogement hors du quartier. Beaucoup de maisons de Grand-Baie sont habitées aujourd’hui par des locataires qui vivent dans de mauvaises conditions dans des logements insalubres indignes. En outre, le centre communal d’action sociale (CCAS) réalise régulièrement des évacuations de familles dont les habitations sont inondées en période de pluie.

…Grand-Baie : quel aménagement ?

Les orientations d’aménagement possibles

Même si beaucoup de familles vivent à Grand-Baie dans des conditions difficiles, certaines sont attachées à leur quartier et n’envisagent pas de le quitter. La décision de ne plus autoriser de logements à Grand-Baie suscite donc l’inquiétude chez certains habitants. Il est cependant essentiel de préciser qu’à ce jour, aucune mesure d’expulsion n’est prévue et que le projet d’aménagement futur n’est pas défini. Des orientations possibles seront soumises à concertation afin de faire participer les habitants et les gosériens à la définition des aménagements à réaliser. Quant aux relogements prévus au titre de la RHI, ceux-ci seront programmés avec le reste des familles, avec un accompagnement personnalisé. Il est important de souligner que de nombreuses familles ont déjà quitté le site de leur propre initiative.

Reloger progressivement les familles concernées par l’opération de RHI

Les familles sont au cœur du dispositif
Le relogement se fera progressivement, sur plusieurs années.

Toutes les familles recensées à Grand-Baie bénéficieront d’un relogement sur le territoire du Gosier.

Chaque famille bénéficiera d’un accompagnement individualisé pour son relogement.

Des propositions seront adaptées à chaque famille

Les familles locataires à Grand-Baie
Les locataires bénéficieront soit d’un nouveau logement en location dans une résidence neuve de la SEMSAMAR au Gosier, soit d’un logement en location dans la résidence d’un autre bailleur du Gosier.

Les familles qui vivent dans leur logement à Grand-Baie
Certaines pourront devenir propriétaire d’une nouvelle maison et de son terrain dans le lotissement de Kervenou au Gosier.
D’autres pourront devenir locataires.

Dans tous les cas, les logements seront au préalable rachetés aux familles.

Prévenir toute occupation non organisée
C’est le comblement progressif des marécages de Grand-Baie qui a conduit à une grande partie des risques auquel est exposé le quartier. C’est pourquoi les orientations actuelles privilégient une réhabilitation naturelle forte, avec des équipements légers permettant une réappropriation par le public de cet espace.
C’est l’installation sans organisation de plusieurs familles qui a conduit l’émergence d’un quartier sans aménagement. L’Etat et la Ville du Gosier veilleront à ce que les terrains libérés après l’achat des logements existants et le relogement des familles qui y vivaient ne soient pas à nouveau squattés.

Relocaliser toutes les activités économiques légales
Grand-Baie accueille plusieurs entreprises, souvent de très petites tailles, et diverses activités qui seront accompagnées et soutenues pour réussir leur installation à grand-Baie, si elles s’inscrivent dans les options d’aménagement qui seront retenues, ou hors du quartier, dans un environnement plus propice à leur développement.

Penser ensemble le Grand-Baie de demain

Le quartier de Grand-Baie peut apporter sa contribution au développement du Gosier, voire au développement de la Guadeloupe toute entière. Comment ? C’est tout l’enjeu des réflexions engagées par la ville. Les activités ludiques et écologiques sont les premières pistes à avoir été envisagées, mais la réflexion se poursuit et rien n’a encore été arrêté. Si une partie des locataires et propriétaires du quartier ont manifesté leur intérêt quant à ce projet depuis sa présentation, la municipalité a néanmoins parfaitement entendu les inquiétudes exprimées par l’Association de Défense et de Gestion des Intérêts des Grand-Bayziens (ADEGIG).
Dès les jours à venir, des rencontres seront ainsi organisées entre la ville et les habitants en vue de poser les bases d’un dialogue serein et constructif. Par ailleurs, pour favoriser l’émergence d’une issue équilibrée, humaine, socialement et environnementalement adaptée quant à la réalité actuelle, le maire a souhaité solliciter l’expertise de professionnels — dont le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE), pour accompagner cette démarche.


VRAIES QUESTIONS …FAUSSES RUMEURS !

La délocalisation des habitants de Grand-Baie cache-t-elle un projet touristique avec la construction d’hôtel ?

FAUX ! Aucun projet n’existe et quel que soit le futur projet, aucune construction d’hôtel ne sera possible car le Plan de Prévention des Risques Naturels l’interdirait.

Si on interdit les logements à Grand-Baie, pourquoi ne pas supprimer également les hôtels situés sur le littoral ?

La zone hôtelière de la Riviera ne subit pas les mêmes contraintes et ses hôtels ont fait l’objet de permis de construire. De plus, le sol sur lequel ils ont été édifiés est calcaire, contrairement au sol de Grand-Baie, issue du comblement de la mangrove.

La délocalisation des habitants de Grand-Baie cache-t-elle la création d’une base nautique au profit des seuls touristes ?

La création d’une base nautique à Grand-Baie est une hypothèse envisagée parmi d’autres, mais elle serait alors avant dédiée aux scolaires et à la population du Gosier, comme c’est d’ailleurs déjà le cas de la base nautique de l’Anse Tabarin.

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