En arrivant dimanche dernier sur le site de « Vidé Gozyé Aw », marché aux puces de la ville du Gosier, on ne pouvait manquer d’apercevoir deux Agents de Surveillance de la Voie Publique (A.S.V.P) munis de sacs et de calepins, s’arrêtant au niveau de chaque stand. En effet, la ville a décidé de nommer un régisseur (en la personne de Bernardin Cambium, accompagné dimanche de sa collègue Véronique Xantippe) qui, a chaque édition de « Vidé Gozyé Aw », sera chargé de collecter l’argent que doivent désormais payer les différends exposants. En effet, pour un emplacement de 3mX3m, ces derniers devront s’acquitter du paiement de cinq euros.

Le Gosier, Le Gosier...

« Il faut savoir que tous les marchés aux puces se déroulant sur l’archipel guadeloupéen sont payants. Notre marché aux puces a été lancé au mois de janvier 2008. Donc, les exposants sont restés plus d’une année sans payer. », nous a déclaré Nadia Célini, adjointe au maire, à l’origine de « Vidé Gozyé Aw ».

Douceurs, vêtements, plantes, objets artisanaux, pâtés, etc. Comme à l’accoutumée, le choix offert aux visiteurs était assez large. « Il y a de plus en plus d’exposants. Il n’y a vraiment pas eu de cassure du fait de la grève générale. Lors de l’édition de reprise, j’ai écoulé tous mes produits. Il faut dire que l’animation y est pour beaucoup. Les gens se rendant à la plage sont, grâce à cela, attirés par le marché aux puces », nous a expliqué Solange Monpierre, une habitué de « Vidé Gozyé Aw ».

C’est Nadia Célini qui a conféré un cachet supplémentaire à son marché aux puces en y développant le volet animation. Il faut souligner que les exposants eux mêmes ont conscience de son importance et, il n’est pas rare de voir certains d’entre eux suppléer Nadia Célini au pied levé. C’était ce dimanche, le cas du mari de Sylvie Lendor, qui proposait à la vente et à la dégustation des jus à base de fruits et légumes frais : « Nous réalisons un jus local naturel à base de fruits de saison. Si dans les commerce traditionnels on ne trouve que 20°/° de fruits par jus, les nôtres sont composés de fruits à 90 °/°. En bref, nous proposons ¾ de fruits, ¼ d’eau et une part infime de sucre », nous a t’il confié.

« Le site est magnifique. De plus, mon emplacement se situe sur une esplanade goudronnée, facile d’accès, ce qui est idéal pour décharger les produits. En fonction des dimanches, il y a plus ou moins de monde. En tout cas, l’ambiance y est très conviviale », nous a pour sa part déclaré Denise Giraud Girard.

En revanche, pour Constance Bruguet, l’édition d’avril 2009 de
« Vidé Gozyé Aw », ne sera pas à marquer d’une pierre blanche.
« Les affaires n’ont pas été bonnes du tout. Si d’habitude mes annales d’examens et autres romans ne trouvent pas preneurs, aujourd’hui, même mes fruits et légumes n’ont pas trouvé grâce aux yeux des visiteurs », déplore t’elle.

En revenant sur le boulodrome, le regard est tout de suite attiré par le stand tenu par Sylvie Blocail, pacotilleuse de son état, qui, conjoncture économique difficile oblige est devenue une véritable afficionado des puces. « Je fais les puces pour écouler le surplus. Je ne vous cacherais pas que je les fais pour également arrondir mes fins de mois en ces temps difficiles. Les difficultés ainsi que les dettes ont fait que j’ai déserté les bancs de l’église pour faire les puces chaque dimanche. C’est très fatigant, mais je n’ai pas vraiment le choix ».

Evidemment, la tentation était grande de savoir si les différents exposants se sont acquittés du paiement de leurs emplacements de bonne grâce : « Il y a deux ou trois personnes qui ont rechigné au début. Mais il faut dire qu’il y a toute une pédagogie autour du marché. Un arrêté a été pris et de plus, le marché a désormais un règlement : Délimitations à ne pas dépasser, paiement d’une rallonge en cas de dépassement, etc. », nous a confié Véronique Xantippe.

La majorité des exposants à payé. Evidemment, certains
« malins », ont déserté leurs stands à l’approche des deux ASVP, avant de les réintégrer une fois ces derniers partis.

Si « Vidé Gozyé Aw » sera de mieux en mieux organisé, il n’est pas question pour les organisateurs de réserver les emplacements par catégorie de produits vendus.
En effet, c’est le voisinage de produits radicalement différents qui confère son cachet à tout marché aux puces.

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