Ouvrir un établissement secondaire ou complémentaire
Lorsque l’activité d’une entreprise évolue ou s’étend géographiquement, l’ouverture d’un établissement secondaire (dans un nouveau département) ou complémentaire (dans le même département que l’établissement principal) peut s’avérer nécessaire. Cette ouverture permet d’exercer tout ou partie de l’activité en un autre lieu que l’établissement principal .
Qu’est-ce qu’un établissement secondaire ou complémentaire ?
Un établissement est un lieu d’exploitation d’une entreprise. Il peut être principal, secondaire ou complémentaire selon sa localisation et son rôle dans l’activité. Le siège social correspond au domicile légal de l’entreprise, tandis que l’ établissement principal est le lieu où l’activité est principalement exercée, souvent au même endroit que le siège.
Un établissement secondaire est un lieu d’exploitation distinct situé dans un autre ressort de tribunal que l’établissement principal. Il permet à l’entreprise de se développer dans une nouvelle zone géographique et doit être immatriculé séparément.
Exemple
Si l’établissement principal se trouve dans le ressort du tribunal de commerce de Paris (75) et qu’un autre établissement s’ouvre à Créteil, ce dernier sera immatriculé au tribunal de commerce de Créteil (94).
À l’inverse, un établissement complémentaire est ouvert dans le même ressort de tribunal que l’établissement principal. Il complète l’activité sans changer de zone d’immatriculation.
Exemple
Si l’établissement principal se trouve dans le ressort du tribunal de Paris (75) et qu’un autre établissement s’ouvre à Paris, ce dernier sera donc également immatriculé au tribunal de commerce de Paris (75).
Quel que soit son type, un établissement peut prendre la forme d’une succursale , d’une agence ou d’un bureau et peut disposer de représentants distincts. Il n’est pas une personne morale distincte : il fait partie intégrante de l’entreprise, mais il possède sa propre immatriculation au RCS et au RNE .
À noter
L’établissement secondaire (ou complémentaire) n’est pas une nouvelle personne morale , bien qu’elle soit en partie autonome dans sa gestion. L’établissement secondaire (ou complémentaire) forme une seule et même entité avec l’entreprise et ont la même personnalité morale .
|
Notion |
Définition |
|---|---|
|
Établissement principal |
Lieu d’exploitation principal de l’entreprise où se déroulent la plupart des activités . Il est souvent situé au même endroit que le siège social. C’est l’établissement qui sert de référence pour l’immatriculation principale. |
|
Établissement secondaire |
Lieu d’exploitation distinct de l’établissement principal et situé dans un autre ressort de tribunal . Il sert à développer l’activité dans une autre zone géographique. Il doit faire l’objet d’une immatriculation propre. |
|
Établissement complémentaire |
Lieu d’exploitation distinct de l’établissement principal et situé dans le même ressort de tribunal . Il complète l’activité existante dans la même zone géogrpahique que l’établissement principal. Il doit faire l’objet d’une immatriculation propre. |
Attention
L’ouverture d’un établissement secondaire ou complémentaire n’implique pas de modification du siège social. Il n’est donc pas nécessaire de changer de siège social .
Pourquoi ouvrir un établissement secondaire ou complémentaire ?
L’ouverture d’un établissement secondaire ou complémentaire répond avant tout à des enjeux de développement et d’organisation de l’activité . Elle permet à l’entreprise d’adapter sa structure à l’évolution de ses besoins économiques, commerciaux ou opérationnels.
-
Ajouter une activité supplémentaire à celle déjà exercée par l’entreprise , pour accéder à une nouvelle clientèle ou à un nouveau marché
-
Renforcer la présence et la visibilité de l’entreprise dans une zone géographique donnée
-
Améliorer l’organisation interne en répartissant les fonctions de l’entreprise sur plusieurs sites
-
Se rapprocher de certains fournisseurs ou partenaires pour faciliter les échanges
-
Adapter les locaux aux besoins spécifiques de certaines activités
-
Répondre à des contraintes pratiques, contractuelles ou réglementaires
Attention
Le fait d’avoir recours aux services d’une société de domiciliation pour domicilier son entreprise n’entraîne pas la création d’un établissement secondaire (ou complémentaire).
L’ouverture d’un établissement secondaire (ou complémentaire) permet ensuite d’obtenir un justificatif d’immatriculation (extrait Kbis ou extrait du RNE à jour) , faisant apparaître le nouvel établissement.
À noter
Il est possible d’ouvrir autant d’établissements secondaires ou complémentaires que souhaité, tant qu’il existe un nouveau lieu d’exploitation de l’activité.
Comment ouvrir un nouvel établissement secondaire ou complémentaire ?
L'ouverture d'un établissement secondaire (ou complémentaire) entraîne l' immatriculation obligatoire du nouvel établissement au RCS et au RNE dans la limite d' 1 mois avant ou après l'ouverture.
L'immatriculation du nouvel établissement doit être réalisée sur le site internet du guichet des formalités des entreprises :
Services en ligne et formulaires
-
Guichet des formalités des entreprises
Institut national de la propriété industrielle (Inpi)Depuis le 1 er janvier 2023, les formalités de création, de modification et de cessation d'activité doivent être réalisées en ligne sur le guichet des formalités des entreprises . Ce « guichet unique » remplace les centres de formalités des entreprises (CFE) qui sont supprimés. Il concerne toutes les entreprises , quelle que soit leur forme juridique ou leur activité.
Pour ce faire, l’entreprise doit transmettre les informations et documents justificatifs suivants :
-
Le code APE : la ou les activités exercées correspondant à la Nomenclature d’activités française ( NAF )
-
L’adresse de l’établissement
-
La date de commencement d’activité
-
Certaines indications sur l’origine du fonds (création, acquisition, etc.)
-
En cas de propriété indivise des éléments d’exploitation : noms, pseudonymes, prénoms et domicile des indivisaires, ou s’il s’agit de personnes morales, leur dénomination sociale et leur adresse
-
En cas de location-gérance du nouvel établissement : noms, pseudonymes, prénoms et domicile ou dénomination sociale et adresse du siège social du loueur de fonds, dates du début et du terme de la location-gérance et indication que le contrat est renouvelable par tacite reconduction
-
En cas de gérance-mandat du nouvel établissement : certaines indications sur le cocontractant (mandant ou gérant-mandataire), durée du contrat et indication que le contrat est renouvelable par tacite reconduction
-
En cas d'exercice d'une activité réglementée : copie ou original de l'autorisation ou de la déclaration préalable
À savoir
L’immatriculation d’un nouvel établissement entraîne l’attribution d’un numéro SIRET distinct , en complément de celui de l’établissement principal. Vous disposez alors de 2 numéros SIRET, l'un pour l’établissement principal et l'autre pour l’établissement secondaire (ou complémentaire).
Quelles sont les sanctions en l’absence de déclaration d’immatriculation ?
La déclaration d’un établissement secondaire (ou complémentaire) constitue une obligation légale dès lors que celui-ci exerce une activité distincte du siège ou de l’établissement principal.
Le défaut de déclaration est assimilé à une dissimulation d’activité et constitue un délit passible de sanctions pénales, pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende .
L’entreprise n’ayant pas demandé l’immatriculation d’un établissement secondaire (ou complémentaire) peut également se voir refuser le bénéfice du statut des baux commerciaux ( droit au renouvellement du bail ou obtention d’une indemnité d’éviction , par exemple) pour les locaux dans lesquels cet établissement est exploité.
Et aussi sur service-public.fr
Textes de référence
- Code de commerce : article R123-38
Contenu de la demande d’immatriculation - Code de commerce : article R123-40
Définition de l’établissement secondaire - Code de commerce : article R123-41
Principe d’immatriculation secondaire dans le délai d’un mois avant ou après l’ouverture - Code de commerce : article R123-43
Définition de l’établissement complémentaire - Code du travail : article L8221-1
Interdiction du travail dissimulé - Code du travail : article L8224-1
Sanctions pénales liées au travail dissimulé
Services en ligne et formulaires
-
Guichet des formalités des entreprises
Institut national de la propriété industrielle (Inpi)
Plus d’informations sur le comarquage : https://www.service-public.fr/D10001
Accès direct au guide en ligne : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises