Toute la semaine, les élèves des écoles élémentaires de Grand-Bois, Cocoyer, Port-Blanc, et Pliane sont sensibilisés au risque sismique grâce à un bus simulateur de séisme. Cette semaine s’est déroulée du 15 au 19 octobre 2018.

“Tous aux abris”, la phrase est lâchée pour permettre à tous les enfants de s’accroupir et de rentrer la tête pour se protéger du tremblement de terre. Ces élèves de CM2 de l’école de Turenne Thénard, de Grand-Bois, participent à un exercice de simulation de secousses sismiques dans le SISMO-BUS, simulateur de séisme d’intensité régulable, installé dans les écoles. L’objectif est de mettre les enfants en situation réelle afin qu’ils appréhendent mieux ce risque majeur.

« Cette expérience montre quels sont les gestes à poser lorsque la terre se met à trembler. Il faut s’abaisser, s’abriter sous une table solide, et s’agripper pour s’assurer que le meuble reste bien au-dessus de notre tête. Le mieux c’est encore de se rendre à l’extérieur en s’éloignant des immeubles. Parce que le danger lors d’une secousse n’est pas la secousse elle-même, il vient du haut », explique Christian Anténor Habazac, ingénieur.

Avant d’accéder au simulateur, les enfants ont droit à un cours théorique sur la composition de la terre, les détails des séismes sur les petites Antilles et les différentes failles existantes. Plus important, les enfants ont découvert ce qu’il faut mettre dans un kit de secours : de l’eau, 3 litres par jour et par personne, de la nourriture sèche, des boîtes de conserve, des gâteaux secs, une trousse de premier secours avec des médicaments spécifiques pour les diabétiques par exemple, un sifflet, une radio à pile, une lampe électrique et une clé USB contenant les pièces d’identité, le titre de propriété etc.

Djanaella Bisran, 10 ans, a bien mémorisé la leçon : « J’ai bien retenu qu’il faut acheter des bouteilles d’eau, avoir un sifflet et ne pas rester dans un magasin quand il y a une secousse . »

Place ensuite à la pratique avec quelques règles avant de monter sur la nacelle : plier les genoux, mettre les pieds en parallèle, rentrer la tête et tenir les pieds du simulateur. L’expérience dure 41 secondes, afin d’expérimenter une secousse sismique d’une magnitude de 7,4 sur l’échelle de Richter et permet de montrer à quel point une secousse peut être intense.

« Je pense qu’il faut généraliser ce type d’actions. C’est formateur, car les enfants comprennent les risques et ressentent les secousses. Cela leur fait prendre conscience de ce qu’est un tremblement de terre », juge Suzy Luce, l’institutrice.

Car à la sortie du bus, certains élèves n’étaient pas très rassurés. « C’est comme si c’était un vrai tremblement de terre, ça fait peur, admet José Jean-Charles, 10 ans. Je ne connaissais pas les dégâts que ça faisait. » « C’est une bonne initiative de la municipalité », souligne l’institutrice. Plus précisément, c’est une initiative de la direction de la gestion et de la prévention des risques du Gosier en collaboration avec l’association guadeloupéenne d’éthique et de vigilance. Ces actions de sensibilisation visent ainsi à attirer l’attention des élèves de CM1 & CM2 sur les comportements à adopter et les gestes qui sauvent en cas de tremblement de terre. Car la probabilité qu’un séisme de forte magnitude frappe la Guadeloupe existe et ses conséquences seraient très importantes selon Luc Reinette, directeur bénévole du centre de préparation aux risques sismiques (CPLS) : « Nous sommes dans une région à haut risque sismique. Le dernier date du 8 février 1843, il y a eu 3000 morts. Il y a pas eu de renouvellement ce qu’on appelle le « big round ». On est en attente d’un tremblement de terre majeur de plus de 8,5 sur l’échelle de Richter. D’où l’importance de préparer chacun à cela pour qu’il soit mieux à même de réagir. »
Le CPLS existe depuis 10 ans. Il propose cet exercice dans les écoles, les entreprises privées, ou encore les associations de quartier afin que la culture sismique puisse s’implanter dans les habitudes.

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