Devenu un incontournable de l’actualité poétique du Gosier, la 9ème édition de la manifestation « Lé Fanm ka maké bel mo » , organisée par la médiathèque dans le cadre du printemps des poètes, a remporté un large succès, samedi 27 octobre 2018 à la mairie. Le thème choisi cette année : "l’ardeur".
« L’ardeur, ça m’évoque quelque chose de chaud. Peut-être la colère, la passion, l’érotisme. » Ainsi Stéphanie Mélyon-Reinette, alias Nefta, présente-t-elle le thème de cette 9ème édition. Un thème qui a inspiré les participants.

Les poètes amateurs de mots ont déclamé sous forme de vers et de prose leur vision de l’ardeur, accompagnés parfois du tambour ou de la guitare :

« C’est donc le cœur battant, Et l’espoir bien vivant, que je marche ardemment ; vers ma destinée maintenant », a déclamé Peyka, une habituée de l’événement : « C’est un plaisir de pouvoir mettre des mots sur des thématiques assez complexes comme cette année. Il a fallu vraiment chercher comment interpréter cette ardeur. Pour moi, c’est cette marche qui ne s’arrête pas. L’être humain qui est en quête de ce merveilleux qui existe. ça symbolise ça l’ardeur. »

Des lectures à la mise en scène soignée, avec beaucoup de jeux de foulard, ponctuées par du carnaval, qui a levé la foule. « Moun ka manifèsté kon group Kannaval ka ba lari chenn dè janvyé a févriyé. Goumé avè fòs pou on kòz jis  », poème de Juliette Fébrissi.
Un public attentif et nombreux est venu écouter ces poétesses mais aussi ces poètes déclamer des poésies en français ou en créole. Car la nouveauté cette année, c’est l’arrivée des hommes dans ce moment poétique entièrement féminin. « Pour la 9e édition, nous avons tenu à offrir une autre dimension à cet évènement en intégrant cette année des hommes , explique Marie-Flore Désirée, élue en charge du patrimoine et de la culture au Gosier. C’est une 1ère, et je pense que le pari a été gagné, car on a des hommes qui ont répondu présent ». Michel René, un passionnée de poésie est venu clamer son poème devant le public. « Ce festival c’était l’occasion de dire participons à la fête des femmes, mettons un peu d’ardeur dans tout ça aux côtés des femmes. La poésie est sans genre, elle est universelle. Le temps est venu d’ouvrir cette démarche là aux hommes et aux femmes. Ils doivent parler d’une même voix », a t-il conclu.
D’édition en édition, l’organisation de l’évènement se rode et les participants affluent. Cette année, 44 poèmes ont été reçus. Marie-Flore Désirée espère que l’année prochaine, plus d’hommes se joindront à l’événement. Et l’élue nourrit déjà des ambitions pour la 10e édition. « Je pense que nous allons pouvoir offrir quelque chose de plus grandiose avec cet apport musical et cette oralité propre à notre patrimoine. »

À l’issue de la soirée, les participants sont repartis avec un beau recueil de tous leurs poèmes, offert par la ville du Gosier. Un témoin de leur création gravé sur le papier.

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