Acteur culturel incontournable de notre territoire, ayant toujours œuvré pour la valorisation de la culture gwo ka, Antonin Martial est le président de l’association Libèté, ancrée sur le bassin de vie de Saint-Félix au Gosier. Même si le mouvement culturel existe depuis plus de 20 ans sur le territoire, l’association a dû être déclarée officiellement en 2011 en raison des exigences administratives pour répondre aux appels à projets et prétendre aux aides des pouvoirs publics.
Le nom de l’association vient d’une chanson que son fondateur, Antonin, a écrite lors de son service militaire.

Antonin évolue dans le monde du gwo ka depuis plus de 50 ans. Comme il aime le dire, “Je suis tombé dedans quand j’étais petit grâce à mon frère, Bertin Zami, tanbouyé et chanteur de gwo ka” . Ce génie de la musique traditionnelle est décédé au milieu des années 90 à l’âge de 58 ans. L’association organise d’ailleurs une fois par an, le mémorial Bertin Zami, en hommage à ce frère disparu de façon subite. Mais depuis 2020 et l’apparition du virus, la manifestation ne s’est plus tenue.
Ce qu’Antonin Martial aime avant tout, c’est la transmission. Il a fondé une troupe en 1997 appelée Tou piti ka. Un groupe où des enfants d’à peine deux ans et demi, jouaient au tambour, chantaient et dansaient. La troupe miniature avait même fait la première partie du spectacle de Mario Laurence en juin 1997, au Centre des Arts et de la Culture de Pointe-à-Pitre, et la même année, en juillet, elle avait participé au festival de gwo ka de Sainte-Anne. Par la suite, les Tou piti ka, ont offert des prestations lors de spectacles divers, comme celui de Patrick Saint-Eloi. Aujourd’hui ils sont adultes et continuent de faire rayonner la culture gwo ka à travers leurs activités. “Je suis fier de ces jeunes qui ont mis la musique traditionnelle au cœur de leurs priorités musicales et artistiques, car dans les années 90, les jeunes se détournaient vraiment de leur patrimoine au profit d’autres cultures venant d’ailleurs” , précise Antonin.

Cette philosophie de transmission s’est poursuivie avec les spectacles qui ont connu un véritable succès, intitulés “Les enfants chantent nos Maîtres Ka”. Libèté a ainsi pu organiser plusieurs éditions, chacune parrainée par une personnalité du monde culturel gwo ka : Eric Cosaque, Anzala, Esnard Boisdur, Les frères Geoffroy, René et Zagalo, Flessel William, Rosan Monza, Teddy Pellissier & Michel Laurent.
La dernière édition était inédite. Elle s’est déroulée à Paris au Théâtre Apollo, pendant les événements des gilets jaunes qui n’ont pas facilité l’organisation du spectacle. Néanmoins, ce fut un plébiscite et le public a été ravi. Mais pourquoi un spectacle à Paris ? Antonin souhaitait offrir au public antillais et singulièrement guadeloupéen de l’hexagone, ce spectacle qui met en lumière nos Maîtres Ka, nos jeunes et notre patrimoine musical.

Depuis mars 2020, l’association Libèté a dû s’adapter aux nouvelles règles qui se sont peu à peu imposées à toute la population. Les répétitions ne se déroulent plus en espace clos, mais en espace ouvert permettant la distanciation physique indispensable à la pratique de l’activité. Plus de 80 membres, adultes et enfants poursuivent leurs entraînements en petits groupes, étalés sur la semaine.
“Mon souhait le plus cher est de retrouver la vie d’avant Covid, où le contact était direct car l’association fête son 10ème anniversaire cette année et les membres ne pourront pas célébrer l’événement comme il se doit." regrette le président.


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